Le "Petit Champlain" (première partie)
07 01 2009Vers la fin de la première moitié du XIXe siècle, l’Irlande connaît la pire famine de son histoire. Sous l’effet conjugué de mauvaises conditions climatiques et d’une monoculture agricole, le pays des fils de Gaël subit un épouvantable martyr. La nourriture pour tous n’est plus qu’un lointain souvenir. Et en plus, les habitants doivent fuir leurs demeures puisqu’ils ne peuvent plus dédommager les propriétaires, pour la plupart britanniques, qui les chassent sans ménagement. Pour fuir la grande faucheuse de la mort, des dizaines de milliers d’irlandais s’embarquent pour le Canada en quête d’un meilleur futur. Malheureusement, les abîmes du royaume des ombres continue de s’abattre sur ce peuple. L’insalubrité des bateaux et la maladie viendra chercher son lot de victime comme si ce n’était pas assez.
Des milliers de personnes iront mourir à « La Grosse Île » une quarantaine obligée pour les navires en provenance des ports du Royaume-Unis. Malgré tout de nombreux irlandais réussiront à combattre le mauvais sort. Arrivant à Québec, plusieurs s’installent au abord du port. Très rapidement ils vont peupler le quartier du Cap Blanc dont fait parti la rue du Petit-Champlain. Grâce aux activités portuaires ainsi qu’à leurs habilités manuelles, les Irlandais arrivent à se trouver du travail comme débardeur ou bien manœuvre dans les chantiers maritimes. Ils habitent des maisons qui ressemblent plus à des masures. Il faut savoir que la rue du Petit-Champlain est en terre battue et que les trottoirs sont fait en planches de bois. L’eau courante est inexistante sans compter qu’il faut redoubler de prudence à cause des éboulis de pierres qui viennent du cap. Malgré tout, il fait bon vivre au sein d’une communauté catholique qui a ouvert largement ses bras pour recevoir cet important flot de personnes. Avec le temps, des familles francophones viendront aussi y faire leurs nids.
Grâce aux activités commerciales de la Basse-Ville, un groupe d’hommes d’affaires décide d’y installer un funiculaire. Il entre en fonction en 1879. Au départ, il s’agit plutôt d’un ascenseur pour transporter des animaux et des marchandises vers la Haute-Ville. Ce dernier va connaître son lot de malheur. Il sera la proie des flammes à plusieurs reprises. Il s’en est fallut de peu que la terrasse soit emportée par l’un de ces incendies. Il faut savoir que les premiers moteurs qui actionne le funiculaire fonctionnent au charbon. Très souvent, des braises sortaient par la cheminée. Voilà pourquoi l’ensemble des installations se trouvait dans un espèce de couloir recouvert d’un toit de tôle. Pour ceux qui sont en forme, ils peuvent monter « l’escalier casse-cou ». De nos jours, il n’y a aucun problème à l’utiliser. Par contre, l’enjamber dans un autre siècle relevait de la haute-voltige puisqu’il n’y avait pas d’escalier à proprement parler. Il s’agissait d’un mauvais sentier.
Permalien
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Catégories : Québec, Histoire, Patrimoine


