Le "Petit Champlain" (première partie)

07 01 2009

Vers la fin de la première moitié du XIXe siècle, l’Irlande connaît la pire famine de son histoire.  Sous l’effet conjugué de mauvaises conditions climatiques et d’une  monoculture agricole, le pays des fils de Gaël subit un épouvantable martyr. La nourriture pour tous n’est plus qu’un lointain souvenir.  Et en plus, les habitants doivent fuir leurs demeures puisqu’ils ne peuvent plus dédommager les propriétaires, pour la plupart britanniques,  qui les chassent sans ménagement.  Pour fuir la grande faucheuse de la mort, des dizaines de milliers d’irlandais s’embarquent pour le Canada en quête d’un meilleur futur. Malheureusement, les abîmes du royaume des ombres continue de s’abattre sur ce peuple.  L’insalubrité des bateaux et la maladie viendra chercher son lot de victime comme si ce n’était pas assez.

 

 Des milliers de personnes  iront mourir à « La Grosse Île » une quarantaine obligée pour les navires en provenance des ports du Royaume-Unis. Malgré tout de nombreux irlandais  réussiront à combattre le mauvais sort.  Arrivant à Québec, plusieurs s’installent au abord du port.  Très rapidement ils vont peupler le quartier du Cap Blanc dont fait parti la rue du Petit-Champlain.  Grâce aux activités portuaires ainsi qu’à leurs habilités manuelles,  les Irlandais arrivent à se trouver du travail comme débardeur ou bien manœuvre dans les chantiers maritimes.  Ils habitent des maisons qui ressemblent plus à des masures.  Il faut savoir que la rue du Petit-Champlain est en terre battue et que les trottoirs sont fait en planches de bois. L’eau courante est inexistante sans compter qu’il faut redoubler de prudence à cause des éboulis de pierres qui viennent du cap.  Malgré tout, il fait bon  vivre au sein d’une communauté catholique qui a ouvert largement ses bras pour recevoir cet important flot de personnes.  Avec le temps, des familles francophones viendront aussi  y faire leurs nids.

 

 Grâce aux  activités commerciales de la Basse-Ville, un groupe d’hommes d’affaires décide d’y installer un funiculaire. Il entre en fonction en 1879.  Au départ, il s’agit plutôt d’un ascenseur pour transporter des animaux et des marchandises vers la Haute-Ville.   Ce dernier va connaître son lot de malheur.  Il sera la proie des flammes à plusieurs reprises.  Il s’en est fallut de peu que la terrasse soit emportée par l’un de ces incendies.  Il faut savoir que les premiers moteurs qui actionne le funiculaire fonctionnent  au charbon. Très souvent,  des braises sortaient par la cheminée. Voilà pourquoi   l’ensemble des installations se trouvait dans un espèce de couloir recouvert d’un toit de tôle.  Pour ceux qui sont en forme, ils peuvent monter « l’escalier casse-cou ».  De nos jours, il n’y a aucun problème à l’utiliser. Par contre, l’enjamber dans un autre siècle relevait de la haute-voltige puisqu’il n’y avait pas d’escalier à proprement parler.  Il s’agissait d’un mauvais sentier.   

 




Place Royale

06 01 2009

Vers la fin du XVIIe siècle, le pouvoir royal se rend compte que la compagnie des Cent-Associés a lamentablement échoué dans sa mission de peupler le pays.  Trop occupée à garder le monopole des fourrures, elle n’avait pas pris les moyens adéquats pour amener des colons en masse en Nouvelle-France.  Devant ce constat, Louis XIV décide de faire de la Nouvelle-France une colonie royale.  Il instaure « Le conseil souverain ». 

 

Ce dernier a le mandat de gouverner la colonie.  À partir de ce moment « Place Royale » devient la plus importante place publique de la colonie.  On y trouve aussi des entrepôts portuaires puisque cet endroit borde la grève du fleuve.  Les auberges et les tripots y ont aussi droit de cité.

 Voilà pourquoi, en plein centre de la plus vieille place publique de l’Amérique du Nord,  le buste du « Roi Soleil » assure fièrement la garde

 

Sur l’emplacement de la deuxième habitation de Champlain, on retrouve un lieu de culte au charme unique.  Il s’agit  de l’église Notre-Dame-Des-Victoires.  Elle a été construite à la demande des paroissiens de la Basse-Ville qui avaient beaucoup de difficultés à se rendre à la Basilique.  Cette dernière, nichant en haute-ville, n’était pas des plus accessible.  Il fallait grimper un sentier très mal entretenu pour atteindre le lieu de culte d’en haut. En saison hivernale s’était encore plus difficile. C’est Monseigneur de St-Vallier qui réalise le projet.  La première ébauche date de 1688.  Au départ, elle s’appelait l’Église de l’enfant Jésus. Suite à la victoire de Frontenac on l’a rebatise Notre-Dame-De-La-Victoire en 1691.  En 1711, elle prend le nom de Notre-Dame-Des-Victoires suite à l’échouage de la flotte de Walker.  Entièrement détruite en 1759, elle fut reconstruite en 1763 et restaurée en 1888 et 1929. 

 

Place Royale a connu diverses fortunes.  Elle fut détruite lors des bombardements de 1759.  Reconstruite quelques années plus tard, l’endroit est devenu le carrefour obligé des installations portuaires.  Après le déclin du trafic maritime,  elle demeure une importante place d’affaires pour les grossistes en marchandise. Arrive le XXe siècle.  De décennie en décennie, le quartier périclite pour devenir l’ombre de lui-même.  Considérant son état de délabrement, le gouvernement décide de redonner vie à cet espace.  On aménage un  musée vivant pour expliquer l’architecture du régime français.  À force de restauration et de rénovation,  Place-Royale est devenu un important centre de référence pour celui qui veut observer les méthodes de construction de l’époque de la Nouvelle-France. 

 




Le parc des moulins

05 01 2009

Lors de mon enfance, j’avais plaisir à me promener dans l’un des plus beaux îlots de verdure de ma cité.  Accompagnant mes parents j’allais voir les animaux qui se trouvait au « Jardin zoologique de Québec ».  On pouvait y admirer les plus beaux spécimens de la faune boréale québécoise.  En plus, on y trouvait plusieurs aménagements horticole qui faisaient l’envie de plusieurs photographes locaux.  Je ne compte pas le nombre de portraitistes qui invitaient les futures mariés à utiliser le cadre magnifique de ces jardins magnifiques pour leur album. 

 

Les années fastes des années 60 et 70 ont fait place à une période où le parc zoologique avait besoin d’une cure de rajeunissement.  Après une période de deux ans où les installations ont connu une refonte complète, le Zoo réouvre  ses portes avec une nouvelle vocation.  À partir de cette époque, cette institution mettra l’emphase sur la faune ailée tout en conservant une importante fenêtre de l’univers forestier québécois.  Malheureusement, à cause d’un marketing déficient ainsi qu’un coût d’entré jugé élevé, le zoo termine l’année avec un important déficit.  Ne voyant pas comment l’on pourrait redresser la barre, le gouvernement québécois décide de jeter la serviette.  Il ne reste plus qu’à fermer les portes de cette institution et à se départir des animaux qui y habitait.  Après bien des tergiversations, l’on s’est rendu compte qu’il serait ridicule d’abandonner un pareil site.  La Commission de la Capitale  Nationale du Québec décide de redonner à l’ensemble de la population l’accès aux jardins de cet endroit.  Le 2 septembre 2006, « le Parc des moulins »  devient une réalité.

 

Quelques jours après cette réouverture, j’ai décidé d’aller y faire un tour.  J’ai eu l’impression de revivre une partie de mon enfance.  Les jardins sont toujours là mais il y manque un petit quelque chose...   Il est à noter que cet endroit demeure une halte salutaire ou il fait bon vivre. Vu la proximité de nombreux parcs qui m’entoure, je ne vois pas la pertinence de me déplacer de plusieurs kilomètres pour me retrouver sur ce site.  Reste q’il a encore de beaux moments devant lui si on réussit à lui donner toute la beauté de sa splendeur passée.

 

 




Le parc Sylvain Lelièvre

04 01 2009

Il va sans dire que j’aime beaucoup les commentaires qui me sont envoyés.  Pour donner un complément d’information, le parc Sylvain Lelièvre se trouve au coin de la 4e Avenue et de la Canardière.  À ma connaissance je ne pense pas que ce dernier est accessible en hiver.  Pour ma part, j’ai eu l’occasion de m’y trouver à plusieurs reprises.  Même si ce dernier est de dimension réduite, on peut sentir la présence de ce créateur.  On y retrouve des panneaux ou il est possible de lire les paroles de certaines de ses chansons. Tout au fond de cet espace, il nous est possible d’observer une portée, fait d’un grillage métallique,  ou les premières notes de l’une de ses chansons  s’y trouve. Lorsque j’ai envi de goûter la vie urbaine de ma cité, c’est l’un des endroits ou j’aime me retrouver. 

 

Ce créateur a aussi fait paraître un roman dont l’intrigue se déroule dans le quartier Limoilou.  Ce bouquin s’intitule : « Le troisième orchestre ».  Il a été publié aux éditions Québec / Amérique en 1996 et il renferme 196 pages.  Lorsque j’aurai terminé la trilogie que je lis actuellement, je me ferai un plaisir de vous faire découvrir le seul livre du genre que Sylvain Lelièvre a pondu. 




Le regard de Sylvain Lelièvre

03 01 2009

Pendant de nombreuses années, j’ai habité un quartier de Limoilou.  Ce vaste ensemble de rues et de ruelles est un merveilleux univers urbain. Ce coin de la ville avec ses petits commerces et ses habitations à logements multiples dégage un charme certain.  Depuis toujours, c’est le fief d’un de nos artistes les plus attachants de Québec. Même s’il nous a quitté depuis quelques années, l’ombre de Sylvain Lelièvre continue de planer au sein de son quartier de prédilection. 

 

À la fois chansonnier, écrivain, parolier et enseignant, ce créateur au registre  varié réussissait, par ses textes simples en apparence, à émouvoir un très large public. Il était capable de donner du «swing» à une mélodie pour en faire une chanson à la ritournelle accrocheuse. Au début, il a commencé à se faire connaître en donnant écrivant pour des interprètes. Son premier succès date de 1963. Il s’agit de « Des amours anciennes » qui a d’ailleurs permis à Monique Leyrac de gagner un prix international d’interprétation.  Ensuite, 10 ans se sont passés avant que les disques de Sylvain Lelièvre prennent d’assaut les rayons des disquaires.  Arrive enfin l’activité de la « Chant’août » de 1975 qui l’a vraiment lancé. C’est à partir de cette période qu’un public de plus en plus nombreux fredonne les chansons qui deviendront des classiques. On n’a qu’à penser à « Petit matin ».

 

Deux thèmes principaux dépeignent l’œuvre de cet auteur-compositeur-interprète. A l’écoute de ses pièces, on retient une urgence de vivre doublée d’une dose de nostalgie dissimulée dans le refuge du souvenir. Les années 80 ont beau passer, notre québécois réussit à surfer sur les modes sans pour autant changer son style.  Il évite de tomber dans la « pop facile » travaillant à peaufiner des chansons comme « Lettre à Toronto» ainsi que «Je flâne en chemin». 

 

Ayant grandi au son des grands orchestres de jazz des années 50, il décide de prendre un tournant singulier à l’aube du nouveau millénaire. Ainsi donc, l’album   «Qu’est-ce qu’on fait de nos rêves» est enregistré lors d’un spectacle au Théâtre Petit Champlain de Québec. À ce moment-là, il vient de fermer la boucle d’un genre qui lui allait comme un gant. Arrive « Versant Jazz » où notre artiste, accompagné d’un petit ensemble de musiciens (quintet ou trio), se permet d’adapter son répertoire à la sauce du be-bop des petites boîtes de l’après-guerre. 

 

J’ai eu la chance d’assister à l’une de ses prestations une semaine avant son décès le 30 avril 2002.  Il n’a malheureusement pas survécu à un problème cérébral subi lors d’un vol en avion de retour des Iles de la Madeleine où il venait de donner un atelier d’écriture.

 

En souvenir de Sylvain Lelièvre, cet enfant chéri de Québec, la ville a érigé en son honneur à l’entrée de Limoilou un Parc où marcheurs, flâneurs et visiteurs peuvent lire et chantonner les paroles d’airs connus de son répertoire. 




Déjà la fin de 2008

31 12 2008

L'année 2008 s'achève dans quelques heures. Il me semble qu'elle a passée devant moi à la vitesse de l'éclair! À cause du 400e anniversaire de la ville de Québec, les gens d'ici ont eu la chance de vivre une foule d'événements pour le moins extraordinaire. Dans les prochains jours, je vais me faire un devoir de décrire plusieurs événements ou je me suis retrouvé. Je serai absent les deux premières journées de janvier. Il va sans dire que je reviens en force avec de nouveaux textes renfermant quelques surprises. En attendant, il me fait plaisir de vous souhaiter une belle, bonne et joyeuse année 2009.




Un concert d'orgue mémorable

30 12 2008

Il y a deux ans, j'ai eu la chance d'assister à un concert mémorable.  Il me fait plaisir de partager ce beau moment avec vous.

 

 

Profitant du fait que les amis de l’orgue de Québec soulignait leur 40 ans d’existence, je me suis fait le cadeau d’assister à une performance que je qualifie de mémorable.  Assis sur un banc droit au beau milieu d’une église bondée, j’ai voyagé tant dans l’espace que dans le temps.  Au travers les notes sautillantes de Bach, Mozart, de Jehan Alain et de quelques autres, j’ai réalisé un merveilleux périple.  Tantôt flamboyant et grandiose ou encore intimiste et intérieur, j’ai décroché les amarres pour voguer au loin vers le pays des songes, tout au creux de mon inconscient. 

 

Plusieurs souvenirs de jeunesse sont remontés à la surface lors d’une magistrale interprétation de « Wachet auf, ruft uns stimme » entendu au travers de trop nombreuses messes vécues sans trop de conviction.  Et puis, sans crier gare, Olivier Lantry largue définitivement les amarres avec « Passacaille et fugue en Ut mineur ».  L’intériorité devient palpable.  Ce musicien, titulaire de l’orgue de Notre-Dame de Paris, force le participant à plonger au cœur de sa propre existence.  La méditation prend une tournure lumineuse. Il devient enfin possible d’aspirer à une élévation pour flatter des zones inconnus jusqu’à maintenant.  Le divin est à nos portes…  Pour alléger le tout, de manière à toucher le plancher des vaches, notre interprète se fait le plaisir de jouer « Andate en fa majeur » composé par Mozart.  Cette pièce, toute en dentelle et d’une légèreté digne d’un conte d’enfant, nous rappelle des intermèdes à la fois légères et géniales. Pour dire que cette pièce était destinée à une horloge mécanique de petite dimension…  J’en suis encore pantois!  Je passe rapidement par dessus la dernière pièce de la première partie.  Il s’agit encore d’une merveilleuse mélodie de ce génie qu’est Mozart.  Ce coup-ci, le compositeur nous invite à une méditation qui n’a rien à envier à Jean-Sébastien Bach. 

 

Lors de la deuxième partie du concert, Olivier Latry se donne le droit de sortir du répertoire baroque.  Il nous montre, hors de tout doute, que les compositeurs contemporains ont eux aussi de la graine de génie.  Les inspirations appartenant au monde contemporain  font que l’agencement des sons ne ressemblent en rien aux musiciens des siècles précédents.  Le tout demeure inspirant à souhait.

 

Après deux heures de pure plaisir, je suis sorti de l’église ravi, repu de ses sons graves qui touchent l’individu à plein.  Et pour dire que ce spectacle était gratuit….Pas surprenant que la maison du bon Dieu était pleine…

 

Si jamais vous avez la chance de vous permettre ce genre voyage, je vous convie à le faire et ce, dans les plus brefs délais.  Peut-être que notre Créateur de nous tous sera au rendez-vous.  Qui sait ???

 

 




Le parc Cartier-Brébeuf

29 12 2008

Ce parc, au cœur du quartier Limoilou, a été le lieu  d’hivernage  du deuxième voyage de Cartier en terre québécoise en 1535-1536.  Lors de cette dure saison, plusieurs français sont passés de vie à trépas à cause des terribles conditions climatiques.  Ces marins bretons vivaient de sérieux problèmes alimentaires, n’ayant pas suffisamment de nutriments vitaminés  pour survivre. 

 

Ce sont les amérindiens, vivant à proximité, qui ont fourni des boissons à base d’extraits de pin blanc qui ont sauvé une fraction de l’équipage de Cartier.  Un petit centre d’interprétation, a même le parc, nous explique cette réalité de l’époque.  On y trouve aussi un monument de granit symbolisant « la rencontre de deux monde ».  Un peu plus loin, on peut aussi admirer une croix de métal haute de 8 mètres et inauguré en 1935. .  Elle se veut le rappel  de la croix que Cartier a planté sur ce site 1536.  Avec ce geste, il prenait possession de ce territoire au nom du roi de France.

 

Plus tard, en 1626, les Jésuites y ont installés leur premier établissement en Nouvelle-France. Voilà pourquoi le nom de Brébeuf, missionnaire martyr, est accolé à celui de Cartier.

 

Les berges de la rivière St-Charles, qui borde cet endroit, retrouvent   ses contours naturels après avoir été ceinturé d’un mur de béton. Une piste cyclable et un sentier pédestre passe à proximité. 

 

Et puis, pour montrer à quoi pouvait ressembler le site originellement, « Parc Canada » est en train de dégager une partie de la rivière Lairet devenu souterraine suite à sa canalisation souterraine.    Avec le retour de cette rivière dans la paysage, ce site risque fort de redevenir une halte obligée. 

 

 




La belle épouvante

28 12 2008

J’avoue que j’avais hâte de lire la première œuvre de ce personnage à la fois dramaturge, acteur et écrivain. D’emblée, je dois me rendre à l’évidence puisque ce livre ne peut-être qualifié de roman. Je ne saurais dire si ce dernier est un journal intime, un essai ou encore une fiction. Reste que le début de ce bouquin a de quoi désarçonner n’importe quel lecteur. Je comprends maintenant pourquoi ce livre a gagné le prix Robert Cliche, il y a presque 30 ans. À l’instar des juges, j’aurais pris la même décision.

 

Cet ouvrage, de moins de 200 pages, est inclassable à bien des égards. J’ai dû faire un effort pour me plonger dans cet univers décrivant les hauts et les bas d’un homme pris dans les tentacules de l’amour. Parfois tendre, d’autres fois sensuelles et même dérangeantes, notre accompagnateur tente de nous amener sur des rives connues de son propre univers. Je dois dire qu’il y réussit très bien. Ce souffle chaud qu’il lui transmet à «Elle» ne nous laisse pas indifférent. Je dois avertir celui ou celle qui s’attend à retrouver le dénouement du train-train habituel du livre classique se sentira dérouté car il n’y a pas de chapitre ni de structure attendue. Nous avons droit à une suite de réflexions sur la vie à deux avec en prime, par-ci, par-là quelques dialogues tournés de manière à ce que je ne saurais distinguer s’ils sont véridiques ou fictifs. Tout y passe, y compris une visite chez ses parents, des rencontres avec de vieux amis, des analyses du temps qui passe et bien plus.

 

Il ne faut cependant pas en douter, il n’y a rien d’ennuyant dans ces monologues. On apprend à cheminer avec un homme vivant une grande passion. Celle-ci lui sert de soupape pour faire face ses rêves autant que ses misères. Elle lui permet en plus de se surpasser pour aller plus loin dans l’accomplissement de sa propre destinée.

 

Au début, je me suis retrouvé perdu dans les méandres de ce style littéraire qui est, je l’avoue, à des années lumières de celui auquel je suis habitué. Puis, de fil en aiguille, je me suis laissé envahir par la manière d’aborder et les propos entretenus. J’ai même fini par me reconnaître au travers de ce discours. Souvent, j‘ai eu l’impression de m’enquérir d’une histoire digne d’un Francesco Alberoni. Je trouve que «Le choc amoureux» est probablement l’ouvrage qui se rapproche le plus de celui-ci. Vous me direz peut-être que ce dernier est un essai décrivant l’état naissant de l’amour. Pourtant, il y a plusieurs rapprochements à faire. Nous y retrouvons dans les deux, la joie de la vivre, du moins par procuration. Il faut dire que c’est tant mieux pour la plus grande joie du lecteur.

 

D’ailleurs, cette situation me fait relever un point primordial en littérature. Je pense que l’émotion est essentielle et doit transparaitre. Dans l’expérience vécue, elle ne m’a laissé aucun répit. À chaque page, j’ai pu la ressentir, tapie entre les lignes noircies de caractères. Il y a aussi l’implication de l’auteur qui écrit au « je ».  Au fil de la lecture, on arrive à comprendre qu’il s’agisse d’un témoignage poignant et sans pudeur d’un homme osant s’exhiber face au monde. Il ne se gêne pas non plus pour montrer tant les beaux que les mauvais côtés de sa persona. Tout en son honneur car il faut dire que l’exercice tient de la haute voltige.

 

J’ai aimé cette histoire que j’ai lue en moins de 2 jours. Je n’ai donc d’autre choix que de montrer mon enthousiasme face à ce petit bijou de littérature.  Lisez-le à votre tour et vous verrez que vous aussi ne pourrez y résister bien longtemps!

 

Titre : "La belle épouvante"

Catégorie: Non défini

Édition: Typo (2000)

Pages: 185

Première parution: 1981




Promenade au quartier St-Roch

27 12 2008

Dans un passé pas très lointain, la rue St-Joseph était l’endroit par excellence pour faire des affaires.  Tous les grands magasins de la ville y avaient pignon sur rue.  C’était l’époque des « 5-10-15 » ainsi que des magasins à rayon. De jour comme le soir, une foule bigarrée allait  y acheter des biens et services.  L’émergence des banlieues ainsi que l’apparition des centres commerciaux vont rendre ce secteur pratiquement désert. On a même tenté de recouvrir la rue pour en faire un immense mail couvert.  Cette situation, fort louable, à presque tuer le secteur.    Il faudra attendre une volonté concertée des pouvoirs publics ainsi que la vision de certains promoteurs pour arriver à redonner vie à cette rue. On a démoli le recouvrement en plus de redonner l’accès aux véhicules automobiles.  En plus, les promoteurs y ont amenés  une série de boutiques haut de gamme.  Les étages supérieurs de certains magasins sont devenus des lofts très en demande. Les deux anciens cinémas de la rue ont été transformés en des  lieux de diffusion culturelle. En plus, la vie nocturne envahie l’endroit puisque plusieurs restaurants ainsi que des bars animent, en toute sécurité, une grande partie de cet arrondissement. 

 

Le théâtre Impérial, qui était dans le premier quart de siècle précédent une salle de spectacle, a repris le haut du pavé avec brio.  De style « Néo-Classique », ce bâtiment brille à nouveau après une cure de rajeunissement majeure.  Idem pour le théâtre «de la  Bordée », qui s’est donné les moyens d’avoir une salle des plus moderne tout en conservant sa façade d’origine.  Plus loin sur cette rue, il est possible d’admirer les collections d’un célèbre designer de mode qui  niche dans une ancienne banque de style « Art-Déco».  Je ne voudrais pas oublier les locaux de la banque Nationale.  Ce magnifique édifice, construit en 1909  et de style « Beaux-Art », vaut la peine qu’on s’y attarde.

 

Toujours sur la rue St-Joseph, non loin du théâtre Impérial, il est possible d’admirer l’un de ces trésors méconnus.  Il s’agit de l’église de Notre-Dame-De-Jacques-Cartier.  Elle date de 1851.  De style « Néo-Classique », elle a été construite pour recevoir la congrégation mariale des hommes de la Basse-Ville.  Devant la forte croissance de la population de ce secteur, elle va devenir une déserte de la paroisse de St-Roch.  Ce superbe lieu de culte possède de nombreux attraits dont un orgue Casavant ainsi qu’un chemin de croix en émail sur métal fabriqué à Limoges.    Malgré les réaménagements liturgiques de la foi catholique, on pourrait presque se croire à une époque révolue où les organisations pieuses avaient les moyens et le pouvoir d’ériger des églises pour leurs propres besoins. Le décor n’a presque pas changé  depuis son inauguration.  

 

Au beau milieu de ce quartier,  il est intéressant de jeter un coup d’œil à la Place Jacques-Cartier.  Elle renferme la bibliothèque « Gabrielle Roy », le plus important dépôt de livre de la ville.  Sur l’un de ses murs nos yeux peuvent admirer une murale illustrant la culture québécoise..  Inauguré en 1983, ce bâtiment de 3 étages inclus une artothèque, une vidéothèque, une audiothèque et une salle de spectacle de plus de 300 places. En avant de cet édifice, il nous est loisible d’admirer une  statue de Jacques Cartier. Cette dernière observe la place depuis 1924.

 

L’église  St-Roch  en impose.  Réplique de Notre-Dame-De-Paris, elle veille sur ses ouailles depuis 1917.  Il faut savoir que c’est le cinquième lieu de culte de cette paroisse.  Les autres ont été  détruites par les flammes.  À cause de ses coûts de construction, elle sera terminée 6 ans plus tard.  L’orgue, une réalisation des ateliers Casavant, date des années 40. C’est l’un des plus beaux exemples de facture « classique » dans tout l’est du Canada.  Rénové dans les années 90, il donne tout son potentiel lors d’un festival de musique sacré qui s’y tient à tous les ans.  Je ne voudrais pas oublier les décorations ainsi que les nombreuses représentations de St-Roch que l’on y trouve.  Il faut avoir à l’esprit que ce personnage est le Saint patron des pèlerins de Compostelle.  Cette démarche spirituelle est d’ailleurs devenue fort populaire depuis quelques années. 

 




Un moment de réflexion

26 12 2008

Pour faire suite au commentaire que j’ai reçu, ou il était question de « mes excuses » devant le fait que je ne pouvais transporter un texte sur mon blogue à cause d’un problème technique, je me suis posé quelques questions.  La rédaction de propos quotidien sur cette plateforme se veut un mode d’expression sans contrainte.  Je le fais uniquement pour le plaisir.  Et puis, au fil des semaines, je me suis rendu compte qu’un nombre croissant de personnes se donnaient la peine de venir consulter mon site.  Ces visites, de plus en plus nombreuses, m’incite à rechercher des idées intéressantes pour susciter l’intérêt des gens qui prennent le temps de me lire.  Il demeure que je ne dois pas devenir un esclave de cet espace.  Je suis parfaitement conscient qu’il faut éviter de s’en faire un devoir obligé.  Jusqu’à preuve du contraire j’aime partager les différentes parcelles du vaste monde qui me font vibrer.  Il va sans dire que j’ai l’intention de continuer ce dialogue avec vous, en toute complicité, sans me sentir obliger de remplir un espace parce qu’il faut le faire à tout prix.  En cette période des fêtes, je vais me donner le droit d’avoir quelques silences.  Je vais aussi m’accorder du temps pour me ressourcer, de manière à ouvrir de nouvelles fenêtres, tout en allant voir si je suis ailleurs de temps en temps. Ça ne veut pas dire que j’abandonne le navire.  Loin de moi cette idée! 

 

Je crois qu’il est important de regarder d’autres chemins que la politique ou la société.  À cause des tempêtes que nous avons connues ces derniers mois, il a bien fallu mettre le focus sur ces sujets. Le sentier des arts et de culture, les promenades au sein de ma cité ainsi que les clins d’œil face à l’histoire et au patrimoine deviendront, au fil des jours, des avenues de plus en plus parcourues.   Je n’ai pas l’intention de faire un virage radical, face à l’idée première que je m’étais donné, lorsque j’ai débuté la rédaction de mon site. Il demeure que je vais m’approprier certains moyens pour varier cette place publique.  Et pour ceux qui ont le goût de me faire parvenir des commentaires, ne vous gêner surtout pas!

 




Noël du 400e

24 12 2008

Avec l’arrivée de l’hiver, le temps des fêtes vient frapper à notre porte. L’on se retrouve   confronté à cette période fébrile ou l’ensemble de la population se plonge dans toute une série de rituels.  Le bût est de souligner la fraternité au sein du genre humain.  Les réunions de famille, les échanges de cadeaux et les rencontres d’amis seront le lot de tous.  Au travers de cette mosaïque de sorties, nous sommes nombreux à regarder en arrière, du temps de notre enfance.  C’était l’époque ou nous étions incapable de conceptualiser les pensées des adultes qui nous entourait. L’on se contentait de baigner dans un imaginaire préfabriqué ou le « père Noël » venait déposer nos présents sous le sapin sans jamais l’apercevoir.  Il arrivait en pleine nuit, sans bruit et à la sauvette, comme un voleur en mal de dévaliser la demeure. Il était impossible de le prendre sur le fait…  Pour de nombreuses personnes plus âgées,  Noël est aussi associé à la messe de minuit ainsi qu’aux cantiques qu’il était possible d'entendre lors de cette cérémonie particulière. Samedi dernier, j’ai écouté mon cœur d’enfant. Je me suis rendu dans une église patrimoniale pour écouter une suite de chants de Noël.  Il va sans dire que j’ai passé de très beaux moments.

 

Sous le patronage de la société du 400e anniversaire de Québec, 2 chorales ont unis leurs destinées pour nous offrir un récital digne de mention. « Le Noël du 400e » a fait salle comble à deux reprises au cœur de ma cité.  Dans un premier temps ils ont donnés un concert à l’église de Notre-Dame de la Nativité, la plus vielle paroisse de l’arrondissement de Beauport.  Quelques semaines plus tard  ils ont récidivés à St-Roch, dans une église qui se veut une copie de Notre-Dame de Paris.  Nous avons eu droit à plus de 30 chansons puisé dans ce vaste répertoire.  De « Noël à Jérusalem » en passant par « Gesu Bambino » sans oublier « Noël des petits santons » nous avons eu droit à un florilège de chansons à l’interprétation sans faille offert par le grand chœur de Québec ainsi que la Maîtrise des petits chanteurs de Québec.  Pour clore  cette performance nous avons eu droit à un « Minuit Chrétien » interprété par Marie Coulombe.  Il s’agit d’une chanteuse classique, à la voix de soprano, qui consacre sa vie à la direction du chant chorale ainsi qu’à l’enseignement. 

 

Il faut savoir que la Maîtrise des petit chanteurs est un groupe d’étudiants issus de l’enseignement primaire et secondaire formé par  la commission scolaire de la Capitale.  Ils reçoivent une solide formation musicale répartie tout au long de leur cheminement académique.  Sélectionné grâce à une série d’examens de sélection, ils auront la chance de développer des habiletés en interprétation musicale et en chant. Le Grand Chœur de Noël , quand à lui, est issus du Grand Chœur des 400 voix  qui a donné une magnifique performance il y a quelques mois à peine. 

 

Cette prestation allait bien au-delà de la nostalgie.  En plus d’avoir entendu toute une série de chansons connues, me permettant d’errer dans de nombreux souvenirs, il m’a été possible de goûter à une grande performance musicale.  Il ne reste plus qu’à souhaiter qu’on répète le même type d’événement l’année prochaine. 

 




Le mauvais sort

23 12 2008

je ne sais pas si le mauvais sort s'abat sur moi, il demeure que je suis dans l'impossibilité d'éditer le texte que j'avais préparé. J'ai beau avoir mis ce dernier sur une clef USB, il n'y a pas moyen de l'importer sur mon blogue. Donc, pour une autre fois, je suis contraint à passer mon tour. Heureusement que je serai en possession d'un nouveau modem demain. En espérant que le tout revienne à la normale demain....




Un problème de serveur

22 12 2008

Un problème de serveur a fait qu'il m'a été impossible de vous faire parvenir l'article du jour.  Suite à cet empêchement, je vais changer une partie de mon équipement pour éviter que cela ne se reproduise.  Il va sans dire que je vais revenir avec un nouveau papier demain matin.  Je tiens à remercier celles et ceux qui se donne la peine de me lire.  Vous êtes de plus en plus nombreux à le faire. Ça me touche beaucoup. 

Il ne me reste plus plus qu'à vous dire: " à demain"! 




La bataille des plaines d'Abraham (2e partie)

21 12 2008

Au petit matin, Montcalm est réveillé en sursaut.  Les anglais ont pris pied à Québec et sont en ordre de bataille!  Notre général français n’en croit pas ses oreilles. À force de recevoir plusieurs confirmations de différentes sources, il doit se faire une raison.  Il rassemble ses troupes à la hâte pour partir à marche forcée à la rencontre de l’ennemi.  Un peu plus tard, les deux armées se  font face.  Les 6 régiments du contingent britannique attendent les ordres avec calme et discipline.  Les soldats du côté français ne sont pas aussi ordonnés que leurs vis-à-vis.  Une bonne fraction de ces hommes sont des miliciens habitués à faire « la petite guerre ».  Il s’agit d’initier des embuscades où des raids de courte durée pour ensuite disparaître dans la nature  Dans ce type d’opération, la cohésion vient au second plan. 

 

L’effet de surprise prime sur tout. Lorsque l’on voit  une armée de métier alignée sur deux rangs (la fine ligne rouge), qui s’étire sur quelques centaines de mètres, nous sommes à des années lumière de prendre part à une embuscade …   On commence à bouger du côté des soldats français.  Malheureusement, les miliciens tirent vers des cibles encore trop éloignées. En plus, ils se donnent la peine de recharger en se couchant au sol sans attendre les ordres venant de leurs officiers. Ces manœuvres, excellentes dans d’autres circonstances, commencent à provoquer des effets pour le moins pervers. 

 

Les « habits rouges » attendent l’avis de leurs supérieurs avant d’ouvrir le feu.  Lorsque l’armée d’en face se trouve à moins de 50 pas, plusieurs milliers de fusils déchargent  leurs plombs en même temps….  Je me donne le droit  de reprendre les propos tirés du journal de Johh Knox, un participant de cette bataille. 

 

Il a écrit : « Les 43e et 47e régiment envoyèrent aux Français une remarquable décharge, forte et rapprochée, aussi remarquable que celles auquel j’ai pu assister pendant les exercices…  Les Français disent qu’ils n’ont jamais reçu un choc aussi brutal.  Après la troisième salve, Ils abandonnèrent la partie et s’enfuirent avec précipitation.  Comme la quatrième salve commençait, les Highlanders se mirent à rugir en jetant leurs fusils par terre et brandissant leurs épées dans les airs. Les cornemuses résonnèrent, et une centaine de colosses vêtus de tartans colorés se lancèrent à la poursuite des Français qui fuyaient ».

 

Toute cette mise en scène n’aura duré que 20 minutes. Pour achever cette histoire, les deux chefs n’ont pu profiter ou subir l’après 13 septembre.  Wolfe est mort sur le champ de  bataille, entouré de son état-major.  Pour ce qui est de  Montcalm, il fut évacué à la vue de tous sur son cheval vers la ville, grièvement blessé.  Il est passé de vie à trépas le lendemain matin.   Ce fait de guerre sonne le glas de l’administration française au Canada.  Lors du traité de Paris en 1763, l’Angleterre va devenir la maîtresse incontestée de tout un continent. 

 




La bataille des plaines d'Abraham (1e partie)

20 12 2008

Lors de la guerre de 7 ans, la Grande-Bretagne  doit combler ses besoins en personnels militaires.  En cette période, où les armées européennes se battent sur plusieurs continents, il est impératif d’avoir des troupes d’expérience.  Comme la pacification d’Écosse n’a pas donné les résultats escomptés malgré la défaite des insurgés à Culloden, les autorités décident de concéder quelques droits aux ennemies d’autrefois.  On permet la levée d’une armée de volontaires écossais sous le patronage de la couronne d’Angleterre.  Pour ce faire, ils seront en mesure de récupérer leurs kilts, leurs épées et de jouer à nouveau de la cornemuse. En les éloignant du Royaume-Uni, ils n’auront plus la chance de se soulever à nouveau puisqu’ils seront  loin de leurs régions d’origine.  En plus, ce qui n’est pas à négliger,  les appelés sont en mesure de manger correctement puisque l’on offre 3 repas par jour aux hommes de troupe !

 

 Quelques temps plus tard tout ce beau monde se retrouve sur des bateaux en partance vers le Nouveau-Monde.  Ils apprendront, lorsque les navires font route, qu’ils vont faire la guerre en Nouvelle-France…  Ils débarquent dans les provinces maritimes et prennent part à l’assaut de Louisbourg.  Ce sera leur premier fait d’arme en terre canadienne.  Ensuite, sous le commandement de Wolfe, ils arriveront dans la région de Québec. 

 

Le but est de prendre la capitale de la Nouvelle-France pour en faire une possession britannique.  Les Anglais se saisissent, non sans combattre,  l’Île d’Orléans ainsi que les bourgs de la rive sud, juste en face de Québec.  Les navires et les canons des assaillants bombardent sans relâche la ville.  À plusieurs reprises « les habits rouges » tentent de débarquer sur les côtes de Beauport.  Grâce à un groupe de miliciens canadiens  très mobiles, les Anglais n’arrivent pas à y prendre pied. Le siège s’éternise malgré le déluge de feu qui s’abat sur la ville.  Les Français tentent de détruire la flotte anglaise en lançant des brûlots au cours d’une nuit.  Grâce à la vigilance de quelques marins, cette tactique échoue.  Saunders, l’officier maritime de l’escadre, presse Wolf de tenter un débarquement de masse avant la glaciation du fleuve puisque nous sommes déjà en septembre.  Notre général britannique, face à cette pression, décide de tenter le grand coup. 

 

Pour faire diversion, les navires anglais canardent d’un feu nourri les battures de Beauport ainsi que les abords de la ville.  Il faut dire que Québec n’est plus qu’un amas de ruines.  La canonnade dure déjà depuis de nombreux mois.   Pendant ce temps, un petit groupe d’embarcations prend la direction de l’Anse aux Foulons.  Il en débarque un commando  de Highlanders spécialiste de la montagne. Ils montent la falaise du cap Diamant tout près du tracé actuel de la côte Gilmour. Arrivé en haut, ils trompent les sentinelles qui attendent du renfort.  La parfaite connaissance du français a joué en faveur des écossais.  Ils traversent les postes de gardes comme si de rien n’était. Ensuite, lorsque les sentinelles françaises furent  neutralisées, le gros de la troupe prend le sentier de chèvre du cap.  Quelques heures plus tard, le dispositif anglais est en place.  Les 4500 hommes du contingent  britannique attendent la riposte française qui ne saurait tarder.

 




Villa Bagatelle

19 12 2008

Lorsque vous déambulez le long de certaines rues  passantes de ma cité, il est possible découvrir certains trésors qui ne demandent qu’à être découvert.  Ce sont parfois des maisons au style unique, caché au beau milieu de minuscules forêts qui empêchent nos yeux de les voir.  La Villa Bagatelle est de ce nombre. 

 

Juste à la jonction du Chemin St-Louis et du boulevard Laurier, l’œil attentif de l’automobiliste ne peut distinguer ce bâtiment noyé dans une mer d’arbres.    Lors de mes visites, je me suis toujours retrouvé plus ou moins seul, un peu navré de constater combien certains sites peuvent être désertés.  Et pourtant, cet endroit est un véritable îlot de quiétude qui mérite largement le détour.

 

 Cette incursion nous plonge  au cœur d’une période révolu, du temps ou il existait de nombreuses maisons de campagne juste à la limite des faubourgs de la ville.  Les riches notables de Québec aimaient se prélasser dans ces cottages d’été au style inimitable.  Ils cherchaient à profiter de la douce brise de la campagne sans pour autant s’éloigner de leurs demeures principales.  La plupart de ces propriétés étaient entourés de magnifiques jardins à l’Anglaise.  Il devenait agréable d’y séjourner lors des périodes de canicules estivales. Progressivement, ce genre de demeure est devenu une espèce en voie de disparition.  La qualité des routes qui va en s’améliorant ainsi que l’apparition  du chemin de fer vont développer une véritable mode pour la villégiature bien au- delà de la limite des villes.  Les cottages d’autrefois vont devenir des vestiges d’une époque à jamais disparu. Aujourd’hui, la Villa Bagatelle sert de centre d’interprétation qui présente des aspects de l’ancienne municipalité de Sillery. 

 

L’amoureux des fleurs et de l’architecture ne peut se permettre de rater cette visite qui ne coûte rien.  La Villa Bagatelle demeure le témoin des beaux  jours d’été où les enfants couraient entre les haies de fleurs odorantes il y a plus de 150 ans.  Bonne visite…

 

 




Monument de Samuel de Champlain

18 12 2008

Pour embellir l’une des extrémités de la terrasse et commémorer le passage de Samuel de Champlain, la Société St-Jean Batiste propose d’y installer un monument à la gloire du fondateur de ma cité.  Ce dernier est dévoilé le 21 septembre 1898 par nul autre que Lord Aberdeen, gouverneur-général du Canada.  Son socle fut dessiné par Paul de Cardonnel, architecte officiel de la ville.  Les deux sculptures qui ornent  l’ensemble sont l’œuvre de Paul Chevré, un artiste Français. 

 

Plusieurs détails de cette installation font parti de la petite histoire.  La pierre, qui a servi à construire le monument, est la même que l’Arc de Triomphe de Paris.  Pour donner une image au personnage, l’artiste s’est servi du physique de Particelly d’Emery, un contrôleur des finances  à la réputation douteuse.  Il y a aussi une erreur de taille lorsque l’on lit l’une des plaques se trouvant sur le monument.  Champlain n’a jamais été gouverneur de Québec, ce rôle a appartenu à Charles Huault de Montmagny (1636-1648).

 

Malgré la célébrité du personnage de cet explorateur, il n’existe aucun portrait de Samuel de Champlain.  Les illustrations existantes sont le fruit de l’imagination des artistes qui ont tenté de lui donner un visage. Il en est de même pour son lieu de sépulture.  René Lévesque, un archéologue amateur à la patience légendaire,  a eu beau chercher dans tous les recoins de ma cité,  il n’a rien trouvé jusqu’à maintenant.

 

Même si Champlain trône sur ma cité, il est intéressant de constater qu’il existe encore des zones obscures qui demande à être découverte.  Qui sait ce que l’on sera à même de trouver…

 

 




Un château Frontenac

17 12 2008

Ma cité  possède l’un des établissements hôteliers les plus célèbres de la

planète.  Le château Frontenac est un incontournable, ne serait-ce que par son

architecture et son emplacement.  Il a été construit sur les ruines du

Château St-Louis, la résidence des gouverneurs de la Nouvelle-France.

Accoudé à la terrasse et tout près du monument de Champlain, on  retrouve

Le Château Frontenac sur la plupart des images illustrant la ville.  Certain le considèrent comme le bâtiment le plus photographié du monde.  En ce qui me concerne, je n’ai aucune difficultés à le croire!

 

À la fin du XIXe siècle le Canadien Pacifique, la plus importante compagnie de chemin de fer du pays, avait  prévu de construire un certain nombre d’établissements hôtelier le long du trajet de sa route  qui traverse le Canada d’un océan à l’autre. Pour la ville de Québec, les architectes se sont inspirés des châteaux de la Loire ,dont celui de Jaligny, pour dessiner le bâtiment ayant quatre ailes en forme de fer à cheval, qui  entourent une cour d’honneur.   Les concepteurs de ce complexe de 300 unités, inauguré en 1894,  voulait qu’il soit  des plus confortables.  Une grande partie des chambres possédait un foyer.  C’est un luxe pour l’époque. Avec ses restaurants, son salon de thé et sa salle de bal exceptionnelle, la seule où il est possible de danser la grande valse à Québec, le Château Frontenanc a toujours été le lieu de rendez-vous de la bourgeoisie de ma cité.  

 

En 1926, deux ans après la construction de la tour centrale, un incendie majeure

éclate au cœur de l’aile Riverview.  Le propriétaire  rénove à grand frais cette partie de l’immeuble. 

 

Fait important à noter, au cœur de la seconde guerre mondiale, les principaux chefs du monde libre s’y réunissent pour y établir les bases futures de la suite du conflit.  Pendant quelques jours, Roosevelt, Churchill et Mackenzie King définissent les plans de la victoire suite à la défaite de l’Italie.  La conférence de Québec marque donc dans l’histoire un  tournant  important pour ce qui est de la conduite de la guerre.  

 

Quelques années plus tard Maurice Duplessis, alors premier-ministre de la

province, y demeure lors de ses séjours à Québec.  Il en fera sa deuxième

résidence jusqu’à sa mort,  fin des années cinquante. 

 

Grâce aux améliorations successives qu’on y a apporté depuis sa création, ce

complexe demeure le meilleur hôtel de ma cité. 

 




La terrasse Dufferin

16 12 2008

Ma cité a toujours su s’entourer de passionnés qui ont travaillé d’arrache pied pour conserver le cachet unique de Québec. C’est grâce à ce petit groupe que la ville réussit à  se transformer sans trop subir les heurts du temps.   Je n’ose pas imaginer ce qui serait arrivé si des personnes comme Lord Dufferin n’étaient  pas intervenues pour préserver les murs d’enceinte entourant la vieille ville.. Il faut savoir que cette personnalité, gouverneur-général du Canada entre 1872 et 1878, était un amoureux inconditionnel de Québec.  Il a été le premier à utiliser la citadelle comme seconde résidence officielle.  Lorsque des fonctionnaires municipaux ont proposé de raser les murs pour fournir de l’espace supplémentaire en prévision d’une expansion urbaine, il s’y est objecté formellement.  Il tenait à conserver l’aspect d’une ville fortifiée, même si Québec ne craignait aucun danger provenant de l’extérieur.  C’est un peu grâce à lui si la vieille ville réussit à décrocher le titre de patrimoine mondial accordé par l’UNESCO dans les années 80.

 

 Lors de son dernier passage officiel en 1878, il a posé la première pierre d’une nouvelle promenade piétonnière surplombant le fleuve.  Imaginé par ce dernier et développé par l’architecte Charles Baillargé, ils ont réussit à agrandir et embellir un lieu construit en 1838 avec les conseils de Lord Durham.  Il faut aussi avoir à l’esprit que les kiosques, les bancs ainsi que les lampadaires intégrés  à cet environnement s’inspire du mobilier urbain parisien de la même période.

 

 Très rapidement la terrasse est devenue le lieu de villégiature le plus couru de ma cité.  En plus d’avoir une vue splendide du fleuve, du port et de Place Royale, cet endroit grouille d’amuseurs publiques  et de musiciens itinérants qui en agrémente cet espace publique privilégié.  Je ne voudrais pas garder sous silence le passage des « bouquinistes du « St-Laurent ».  Cette manifestation estivale, étalée sur quelques semaines, regroupe une quarantaine de marchands de livres offrant des bouquins introuvables dans les librairies. 

 

Pour ma part, j’ai toujours plaisir à m’y balader.  En été comme en hiver, il est toujours agréable de s’y promener, d’observer les promeneurs et respirer l’air du fleuve.  Peu importe le moment ou la saison, il est toujours fort agréable d’y être, ne serait-ce que pour y flaner.

 

 




Articles 1 à 20 sur 89
Pages: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |